
L'exemple de la vie politique
"Dès qu'il tourne le dos, il parcourt la terre pour y
semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah
n'aime pas le désordre."
(Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 205)
Nous devons tous faire preuve de justice, de moralité et
d'honnêteté dans tous les domaines et à tout moment.
C'est particulièrement vrai pour les hommes politiques
qui dirigent nos démocraties parlementaires. L'homme politique
est responsable d'un certain nombre d'individus qui se tournent
vers lui pour trouver des solutions. C'est pourquoi il est fondamental
qu'il identifie correctement les besoins, qu'il ne fasse pas de
discrimination entre les individus, que ses décisions soient
justes, et qu'il entreprenne des actions pertinentes pour résoudre
les problèmes. Son service pour le bien de la communauté doit
être couplé d'une coopération avec des experts et du personnel
qualifié afin d'obtenir des résultats. Entouré de son équipe, il doit être
capable de réagir rapidement suivant les priorités de ses choix politiques et
dans l'intérêt du public. Or, pour certains, la politique s'apparente
plus à une industrie profitable qu'à un service public. Si le politicien
perd la notion centrale de service et se laisse aveugler par le pouvoir, sa
conservation, sa consolidation et son augmentation, toutes les formes de
corruption et de fraudes finissent par s'infiltrer dans le système.
Partout, en Orient ou en Occident, dans les pays développés ou en
développement, le monde politique et le monde des affaires ont fusionné.
On ne s'étonne alors plus des cas de détournement de fonds ou des
scandales d'achats de votes. Dans les systèmes autoritaires, les dirigeants
se soucient de financer leurs goûts luxueux quand leurs peuples
souffrent de la faim ou d'épidémies. Au Zaïre, l'ancien Président Mobutu
n'hésitait pas à envoyer son avion privé pour faire venir son coiffeur
alors que son peuple avait à peine de quoi se nourrir. Il amassa une fortune
colossale grâce à toutes les ressources naturelles, notamment les
mines de diamants. Il autorisa même les pays occidentaux à puiser dans
cette richesse naturelle lorsque la situation économique se détériora et
les guerres ethniques sévissaient.
Aucune société n'est à l'abri de ces déviations à l'exception de celle où
règne la justice du Coran. Les communautés athées attachent trop peu
d'importance aux concepts de justice, de clémence, d'amour, de respect
et d'honnêteté, puisque chacun poursuit avidement son propre intérêt.
Dans un verset, Dieu souligne la menace que représentent ces individus:
"Dès qu'il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer
le désordre et saccager culture et bétail.
Et Allah n'aime pas le désordre!"
(Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 205)
Les caractéristiques humaines mentionnées ci-dessus ne changeront
pas tant que ces hommes n'adhèrent pas au Livre de Dieu. Dans un pays
où la crainte de Dieu existe et où la conscience prévaut, les erreurs de
jugement et les abus de pouvoir sont interdits. Les problèmes des individus
sont diagnostiqués et traités correctement et les services répondent
aux attentes. Le service rendu au public pour le simple plaisir de
Dieu et le soutien proposé en Son nom recevront leurs récompenses dans
l'Au-delà. Durant l'histoire, Dieu a transmis le message divin aux
peuples à travers Ses messagers qui les invitaient en toute simplicité à la
religion de la vérité. Cependant, les peuples réagirent à cette invitation
par l'athéisme et la suspicion à l'égard des nobles objectifs. Les messagers
répondaient aux incrédules de la même manière:
"Ô mon peuple, je ne vous demande pas de salaire pour cela.
Mon salaire n'incombe qu'à Celui qui m'a créé.
Ne raisonnez-vous pas?"
(Sourate 11,"Hoûd", v. 51)
Ceux qui ont foi en Dieu suivent l'exemple de la conduite louée dans
le Coran. Ils n'attendent aucun gain terrestre en retour de leurs services
et de leur aide. Dans les sociétés mécréantes, les questions politiques
internes et étrangères sont étroitement liées aux intérêts du parti et aux
intérêts personnels. C'est pourquoi, le monde politique pullule
d'hommes capables de prendre des décisions contraires à l'intérêt public
ou national. Les investissements publics sont ciblés et octroyés de sorte
à soutenir l'intérêt de groupes précis. De même, les politiques se font
plus flexibles et plus conciliants avec les corrupteurs et les fraudeurs à
partir du moment où ils agissent au nom d'un groupe précis. Le système
de lobbying existant aux États-Unis dans la sphère politique illustre parfaitement
le fonctionnement d'un tel système. Des sommes colossales
sous forme de donations anonymes sont injectées dans les caisses des
campagnes électorales de candidats. L'objectif est d'assurer un siège au
Sénat à un politicien qui défendra les points de vue des donateurs. Un
article du magazine The Economist consacré aux campagnes généreusement
financées soulignait qu'en 1992 ces seules contributions s'élevaient
à 3 milliards de dollars.4 En utilisant de manière illégale leurs donations,
les lobbies ont même la possibilité de sanctionner les gouvernements.
Les hommes politiques subissent une certaine pression dans le sens où
ils ne peuvent pas se permettre de dévier des exigences des généreux
contributeurs. Guidés par la crainte, ils prennent les mesures qui
conviennent aux intérêts de ces groupes. Dans les cas les plus extrêmes,
ils s'abaissent à initier des crises artificielles ou utilisent d'autres
méthodes insidieuses pour causer l'agitation au sein d'un pays, et préparer
ainsi le terrain que les groupes d'intérêt exploitent.
Les liens étroits qu'entretiennent les groupes d'intérêt et les tenanciers
du pouvoir poussent des pays dans le chaos, comme certains en Amérique
latine. Depuis les cinq ou six dernières décennies, les leaders de
régimes fascistes en Amérique latine vivent dans la prodigalité alors que
les masses pour leur part vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Aujourd'hui encore, le pouvoir dictatorial bascule constamment d'une
junte à une autre. Les juntes militaires dirigent le pays d'une poigne de
fer, tirant leur pouvoir de la pression qu'ils infligent au peuple. Ces pays
situés au carrefour du trafic de drogue sont le terrain de lutte entre les
intérêts des politiques et ceux des cartels de la drogue, lutte qui empêche
le développement de la stabilité. Ces cercles, qui ne fleurissent que dans
le chaos s'entretiennent par la pression et la terreur. La brutalité, les combats,
et les guerres civiles semblent interminables. En Colombie, 28.000
meurtres ont été perpétrés en 1992. Ce chiffre est bien la preuve de la
brutalité ambiante. Comme nous l'avons vu, l'absence de référence au
Coran et à la Sounna explique pourquoi ceux qui détiennent le pouvoir
ferment les yeux sur toutes les formes de violence.
Un autre point est frappant dans la vie politique: l'autorité et le pouvoir
sont accordés à ceux qui, par nature ou par leurs qualifications ne le
méritent pas. Le système des non-croyants repose trop souvent sur le fait
qu'il n'est pas essentiel d'être qualifié pour se voir attribuer certains
postes. Dans ce cas de figure précis, la prise de décision est guidée par
les intérêts privés. Or, le Coran ordonne le contraire:
"Certes Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs
ayants droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger
avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait!
Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout."
(Sourate 4, "an-Nisâ", Les femmes, v. 58)
Dans une société où les individus ne vivent pas en accord avec le
Coran, et par conséquent où les responsabilités et les devoirs ne sont pas
alloués sur la base des compétences et des qualifications, celui qui occupe
un poste important pratique le népotisme et le "copinage". Au sein
des partis, les intérêts particuliers et les préférences politiques sont toujours
privilégiés au détriment de la notion de bien public qui n'est autre
qu'une formule rhétorique utilisée lors des campagnes électorales. Les
services publics, si services il y a, ne sont disponibles que dans les
grands centres urbains où les électeurs sont concentrés au détriment du
monde rural.
L'athéisme est à l'origine de cette incompréhension et de cette détérioration
des valeurs morales. Les individus qui adoptent un comportement
détaché de la responsabilité et de la conscience ne craignent pas
Dieu. L'autre ne suscite en eux aucun sentiment de pitié. Feignant l'ignorance
quant aux comptes qu'ils devront rendre pour leurs actes, ils poursuivent
leurs vies sur la voie de la méchanceté et de l'immoralité. Alors,
que ceux qui souhaitent mettre un terme à cette misère et se préparer un
avenir meilleur adhèrent aux valeurs du Coran et répandent son contenu!
Le devoir de tout croyant est d'informer les autres des commandements
moraux de Dieu, puis de les pousser à appliquer ces principes
pour se protéger de toute malice. Les croyants qui ignorent ce devoir ou
qui le retarde doivent craindre de ne pas pouvoir expliquer leur insensibilité
dans l'Au-delà.

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